Je plonge dans le silence sans risque de me noyer. Je m'enfonce et je disparais. Et quand je reviendrai, à la surface des mots et des bruits, je serai capable, à nouveau de vivre. Je lui murmurerai "Patience" au creux de l'oreille. "Laisse dire, attends. Tu verras je t'emmène respirer, je t'emmène sourire et t'amuser un peu. Tu sais comme dans un manège, on aura pas besoin d'attendre le tour suivant." Je me suis longtemps sentie étrangère à l'espace que j'occupais, maladroite et encombrée de moi-même. Alors, nous on va s'arrêter et regarder le monde en bas comme il est bancal et violent. "Tu veux qu'on y retourne, t'as encore envie de te battre? On peut fuir si tu veux. On peut rêver qu'il n'y a pas de limite, pas d'arrêt." Je sais bien que je prendrais des coups dans le dos, des "C'est inutile de rêver, ça s'arrête un jour." Mais je me ficherais bien de tout ça, t'auras gardé le sourire de l'enfant alors on pourra jouer avec les mots comme avec des legos. On construira un pont au dessus de la mer, dis tu te souviens. "Ne regarde pas en bas. Ris, ris, au moins ça." Je poserais mes poings sur tes yeux fermés. "Tu la vois la lumière noire? C'est imprimé en moi, ça fait mal le mal. Allez, viens on va jongler avec les étoiles et traverser à pied l'océan. Viens on va hurler contre les murs à percer leurs tympans. Les nuages sont bas, tout est de leur faute. Ils repeignent le ciel en gris et noir, ils crèvent les yeux aux étoiles. C'est trop facile d'écrire en noir sur du noir, bien sûr. Viens j'te dis."
Un grain de folie, dans l'ordre des choses. Mrs houna